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Manuscrits > André-Marie AMPERE, Chemise 298 [carton 19], 1775-1836.
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| Adresse de citation : http://www.ampere.cnrs.fr/ms-ampere-298-77-1.5.html

Epître à un jeune poète auteur de quelques vers trop libres

Auribus et puris scripta probasse mea Prop.[erce]*

Dans la carrière poétique
En critiquant tes premiers pas
Cher ami, je ne prétends pas,
D’une haleine misanthropique
Soufflant le fiel sur tes écrits,
Flétrir les roses et les lys
Que tu cueillis sur le Parnasse.
Rival de Tibulle et d’Horace,
Je t’ai vu chanter tour à tour
Tous les plaisirs de ta jeunesse,
Et sur les ailes de l’amour
Voler des bras de ta maîtresse
Dans le temple du dieu du jour.
Ainsi du chantre de Corinne
L’ingénieux imitateur,
Gentil-Bernard, à sa Claudine
Vantant sa flamme et son bonheur
Sur le sofa de la mollesse,
Rimait quelques vers sans façon,
Vers réprouvés par la raison
Mais inspirés par la tendresse.
Pleins d’une aimable liberté,
De traits brillants et de gaieté

 

 

[* Cet exergue est le 12ème vers de l’élégie XIII du 2ème livre de Properce :
Ad Cynthiam
[…]
Me juvet in gremio doctae legisse puellae,
Auribus et puris scripta probasse mea.

"J’aime à lire mes vers, sur les genoux d’une maîtresse jeune et éclairée dont l’oreille pure les sanctionne " (Properce, Elégies, trad. Denne-Baron, 1825.)]

Document de l'Académie des sciences (Institut de France) - Photo : CNRS, CAK-CRHST.

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