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> AMPERE, Essai sur la philosophie des sciences, t. II, 1843.
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il agit, parce qu'il a un sens tout différent dans le langage ordinaire, où il signifie 
l'attention concentrée pendant un temps plus ou moins long sur un sujet de quelque nature qu'il 
soit, que nous nous proposons d'étudier à fond. Au lieu de cette expression, on emploie 
aujourd'hui celle de conscience ; et il est bien à regretter, pour les progrès de la 
science, que Locke ne s'en soit pas servi , parce que ce mot conscience ne se serait pas prêté à 
toutes les équivoques auxquelles a donné lieu le double sens du mot réflexion, et à 
l'aide desquelles on est allé jusqu'à présenter comme identiques les opinions que les deux 
philosophes dont il est ici question se sont proposé d'établir sur l'origine de nos connaissances, 
quoiqu'il n'y eût réellement dans ces opinions que cette seule analogie : qu'elles rejetaient 
l'une et l'autre la chimère des idées innées. Pour celui qui, bien convaincu que toutes nos 
idées sont acquises, cherche, indépendamment de tout système préconçu, et dans le seul but de 
connaître la vérité, quelles sont celles de nos facultés auxquelles nous devons ces idées, il 
est évident qu'il y a une opposition complète entre deux doctrines, dont l'une distingue deux 
sources de connaissances, et l'autre n'en admet qu'une. Enfin, outre ces deux opinions, ne 
pourrait-on pas être amené, par une analyse plus exacte de la pensée, à reconnaître qu'il y a 
encore d'autres facultés par lesquelles nous acquérons des idées qui ne sont ni sen- 
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