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> GILLISPIE, Williams, L. Pearce. "Ampère" In Dictionary of Scientific Biography, (trad. fr), 1970.
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AMPERE, André-Marie. Né à Lyon, France, le 22 janvier 1775 ; mort à Marseille, France, le 10 juin 1836. Mathématicien, chimiste, physicien.
Le père d'Ampère, Jean-Jacques, est un négociant en soie aisé qui, peu après la naissance de son fils, se retire avec sa famille dans le village de Poleymieux, à proximité de Lyon, où André-Marie grandit. Cette maison est aujourd'hui un musée de l'électricité. Jean-Jacques Ampère, très influencé par les théories de Rousseau sur l'éducation, avait décidé d'élever son fils selon les idées contenues dans l'Émile. La méthode qu'il semble avoir suivie fut de mettre à la disposition de son fils une bonne bibliothèque, et de le laisser conduire son éducation suivant ses propres goûts. L'un des premiers ouvrages lus par Ampère, l'Histoire naturelle de Buffon, éveille en lui un intérêt qu'il conserva toute sa vie pour la taxonomie. C'est apparemment la grande Encyclopédie qui eut sur lui le plus d'influence – trente ans après, il pouvait encore en réciter par cœur nombre d'articles. Dans la bibliothèque de son père, il découvre également l'Éloge de Descartes par Antoine-Laurent Thomas, qui le convainc de la noblesse d'une vie consacrée à la science. Cet ouvrage l'introduit également à la métaphysique, la seule passion qu'il conserva tout au long de toute sa vie. Presque incidemment, Ampère découvre et perfectionne son talent pour les mathématiques. Enfant, il est fasciné par les nombres et apprend de lui-même les bases de la théorie des nombres. Comme le jeune Pascal, à qui l'on avait interdit les rigueurs de la géométrie du fait de son âge, il défia l'autorité parentale et découvrit les premiers ouvrages d'Euclide par lui-même. Quand, ayant consulté le bibliothécaire du collège de Lyon, celui-ci lui annonce que les œuvres d'Euclide et de Bernoulli qu'il souhaitait lire sont en latin, il s'empresse d'apprendre cette langue et devient rapidement assez compétent pour lire les livres qui l'intéressent. Mais il poursuit l'étude du latin au point de composer des vers latins assez satisfaisants. La première éducation d'Ampère est menée, également, dans une ambiance profondément religieuse. Sa mère, née Jeanne Desutières-Sarcey, était une femme pieuse qui se préoccupa de donner à son fils une profonde instruction dans la foi catholique. Sa vie durant, Ampère resta marqué par ce double héritage de l'Encyclopédie et du catholicisme. Il fut régulièrement assailli par les doutes semés par les Encyclopédistes mais sa foi se trouva tout aussi souvent renouvelée. De ce conflit naquit son intérêt pour la métaphysique, qui façonna son approche de la science. L'enfance d'Ampère s'achève en 1789 avec la Révolution française. Bien que Poleymieux soit perdu dans la campagne, les évènements lyonnais impliquent rapidement la famille Ampère. Jean-Jacques est sollicité par ses concitoyens pour prendre les fonctions de juge de paix, un poste avec d'importants pouvoirs de police. En ordonnant l'arrestation de Joseph Chalier, le meneur des Jacobins à Lyon, il s'exposait à la l'épuration jacobine. Chalier fut exécuté mais après l'entrée des troupes de la République à Lyon, Jean-Jacques Ampère est jugé, et guillotiné le 23 novembre 1793. L'événement frappe André-Marie comme un coup de tonnerre. Le monde avait toujours été lointain ; il fait irruption au cœur de sa vie, et cette confrontation soudaine est plus qu'il ne peut supporter. Pendant un an, il s'isole, ne parlant à personne, essayant désespérément de comprendre ce qui s'est passé. Ses contacts avec le monde extérieur sont réduits au minimum ; il semble que seul son intérêt pour la botanique, aiguisé par la lecture des lettres de Rousseau sur le sujet, ait alors survécu. C'est dans cet état émotionnel extrêmement fragile qu'Ampère rencontre la jeune fille qui devait devenir sa femme. Julie Carron est un peu plus âgée qu'Ampère et, appartenant à une famille de la bonne bourgeoisie lyonnaise, a dû percevoir la demande en mariage d'Ampère sous un jour quelque peu défavorable. Certes les deux familles vivent dans des villages voisins et partagent un même milieu
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