Accueil
Rechercher dans les textes édités
Documents et études > AMPERE, Autobiographie d'Ampère, [1824].
|<       <      Page 7      >      >|
Aller à la page
D'après ses ordres, le jeune Ampère fut retenu dans la campagne où il l'avait laissé. On le 
berçait de la vaine espérance que son père allait lui être rendu, et l'étude des mathématiques 
l'occupait plus que jamais, parce qu'on avait eu soin de lui procurer, peu avant le siège de Lyon, 
la Mécanique Analytique, dont la lecture l'avait animé d'une nouvelle ardeur (5). Il en refaisait 
tous les calculs et se livrait encore à ce travail dans l'instant où le sort de son père lui fut 
révélé. Pendant plus d'un an livré à une douleur qui l'absorbait uniquement, il ne fut plus 
question pour lui d'aucune étude. Le goût de la botanique se réveilla le premier en lui, 
lorsqu'il revit, dans ces campagnes où il avait tant de fois herborisé, les plantes dont il avait 
déterminé les noms (6). Bientôt il retrouva le charme qu'il avait éprouvé autrefois en 
récitant dans ces promenades 

(5) Joseph-Louis Lagrange, Mécanique analytique, Paris, 1788.

(6) Variante dans une deuxième version du manuscrit (chemise 326) : "Le jeune Ampère, frappé 
aussi cruellement dans l’objet de son amour et de son respect en éprouva une telle commotion 
qu’elle parut avoir influé sur ses facultés intellectuelles. […] Son temps s’écoulait dans 
la campagne où loin de tout souci il passait des journées entières à contempler tristement les 
bois, les collines et le ciel ; cette mélancolie vague et sans idée déterminée fut peut-être 
pour lui un bienfait de la nature qui lui rendait sa vie en lui ôtant momentanément le déchirant 
souvenir. Il était depuis plus d’un an dans cette situation lorsque les Lettres de J.J. Rousseau 
sur la Botanique tombèrent sous sa main. A peine y eut il jeté un coup d’œil qu’il 
s’attacha vivement à cette lecture, le charme du style plein d’harmonie de ces écrits 
pénétra dans l’âme du jeune malade comme un rayon d’un soleil bienfaisant au travers des 
ténèbres. Il sentit renaître en lui le désir du savoir, le besoin de l’étude et se donna avec 
ardeur à celle de la Botanique." 
|<       <      Page 7      >      >|
Aller à la page
Télecharger le PDF en format texte ->Créer son extrait avec MonPDF Marquer cette page avec votre compte ICEberg+

© CRHST/CNRS, 2005 / Développé sous ICEberg 4.0.2 / hébergement CC-IN2P3 / Directeur de publication : Christine Blondel, responsable informatique : Stéphane Pouyllau