@. Ampère et l'histoire de l'électricité 

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Correspondance d'Ampère, Lettre L1085

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lien de référence : http://www.ampere.cnrs.fr/amp-corr1085.html

Index des noms de personnes

Carron, Claude (père de Julie)      à      Ampère, André-Marie


[Lyon], [1798-1799]

Cher ami et concitoyen,

J'ai eu le plaisir de voir le citoyen Petit votre ami, qui a eu la complaisance de me remettre une lettre de votre part, dans laquelle j'ai vu avec une vraie satisfaction et sensibilité l'attachement que vous témoignez avoir pour ma fille. L'estime que j'ai toujours conçue pour vous, vous est un témoignage assuré du plaisir que j'aurais d'approuver une semblable union. Mais cher ami, je dois comme un bon père demander à ma fille si son cœur est d'accord avec le mien, car je ne saurais la gêner dans un choix qui doit faire le bonheur de sa vie. Je n'ai pu encore la prévenir de l'attachement que vous avez pour elle, comme je voudrais lui en parler moi-même et sonder ses sentiments, et non par lettre. Je n'ai pu encore le faire à cause de la rigueur de la saison, des neiges et des glaces qui m'empêchent d'aller à [Saint-]Germain où ma femme et mes filles sont dans ce moment. Mais, au premier moment où elle pourra venir auprès de moi, je sonderai son cœur et vous marquerai aussitôt le résultat de notre entretien.
Cher ami, que j'aurais de plaisir à vous apprendre que ses sentiments sont d'accord avec les miens, persuadé que vous feriez votre possible pour la rendre heureuse ; elle est sensible et bonne ; vous me direz, il ne convient pas à un père d'en faire l'éloge mais je ne puis m'empêcher de dire qu'elle peut faire le bonheur d'un époux.
La réquisition des jeunes gens vient d'être publiée à Lyon ; mon fils se trouve dans l'âge et maintenant malade depuis plusieurs décadis. Dans votre lettre vous me dites que vous pourriez lui procurer quelque place à l'armée d'Italie, vous savez par vous-même qu'il n'est pas d'une santé robuste. Depuis que vous [illisible] à Lyon avec la fièvre, il a resté à Germain [illisible] où il a eu de temps à autre des accès et la fièvre lui avait laissé un dépôt à la cheville qui a continué fort longtemps, et maintenant il a prit une [fluxion?] qui a formé un dépôt qui a percé au-dedans de sa bouche.
Vous sentez qu'avec un tempérament aussi peu robuste qu'il ne pourrait soutenir les fatigues du soldat ; c'est pourquoi je prierais s'il était possible de lui procurer quelque place dans un bureau militaire ou tel autre à la suite de l'armée. Il servirait plus utilement la République par la plume que par les armes. Si vous pouvez lui procurer par quelque réquisition, vous l'obligeriez infiniment ainsi que son père qui se dit pour la vie votre ami.

 

 

 

 



  Source de l'édition électronique de la lettre : original manuscrit
Paris, Archives de l'Académie des sciences, fonds Ampère, carton XXIV, chemise 332.


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