@. Ampère et l'histoire de l'électricité 

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Chronologie de la vie d'André-Marie Ampère

Une frise chronologique est également disponible.

20 janvier 1775 Naissance d'André-Marie Ampère à Lyon. Il est le deuxième de trois enfants, issu d'une famille de la bourgeoisie lyonnaise : son père, Jean-Jacques Ampère, est négociant en soie ; sa mère, Jeanne-Antoinette de Sutières-Sarcey, profondément catholique, appartient également à une famille de marchands de soie.

01 janvier 1782 Le père d'André (prénom usuel d'Ampère) prend une retraite précoce dans sa maison de campagne, à une dizaine de kilomètres au nord de Lyon, à Poleymieux-aux-Monts-d'Or. Mais la famille continue de séjourner à Lyon pendant deux mois l'hiver. Jean-Jacques Ampère devient procureur du roi et procureur fiscal du seigneur de Poleymieux.
01 janvier 1782 Le jeune Ampère ne va pas à l'école. D'après son Autobiographie rédigée autour de la cinquantaine, son père l'a éduqué selon les principes de Rousseau, et il s'est formé lui-même à l'aide de la bibliothèque familiale en littérature française, grecque et latine, en poésie, en histoire, en géographie et en sciences. L'Histoire naturelle de Buffon et les 28 grands volumes de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert l'ont particulièrement marqué. L'Eloge d'Ampère par son ami François Arago, rédigé dans le style traditionnel des éloges académiques, le présente comme un enfant doué d'une mémoire prodigieuse. A treize ans il se passionne pour les mathématiques et lit les traités de Clairaut, Rivard, Mazeas, La Chapelle et L'Hôpital. L'abbé Daburon, professeur au Collège de la Trinité de Lyon, lui enseigne le calcul différentiel et intégral après qu'André lui ait posé des questions sur les articles de mathématiques de d'Alembert dans l'Encyclopédie. Le jeune Ampère suit également quelques leçons de physique de Joseph Mollet, professeur de physique au même Collège.
08 juillet 1788 Les Procès-verbaux de l'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Lyon mentionnent la réception d'un "mémoire de M. Ampère fils, âgé de treize ans". Dans les archives de l'Académie, on trouve un mémoire manuscrit d'une page ayant pour titre : Sur la rectification d'un arc quelconque de cercle plus petit que la demi-circonférence. Ce problème consiste à trouver la longueur d'un arc de cercle et Ampère en donne deux démonstrations correctes sans toutefois résoudre pratiquement le problème.
01 janvier 1791 André Ampère, âgé de 16 ans, écrit par deux fois à l'Assemblée Constituante pour lui demander d'adopter un nouveau système métrologique à base décimale.
25 septembre 1791 Son père Jean-Jacques devient juge de paix à Lyon. Il achète des livres scientifiques pour son fils, resté à Poleymieux.
02 mars 1792 Mort de sa soeur ainée Antoinette, à l'âge de 20 ans.
1793 Jean-Jacques Ampère, proche des Girondins, fait arrêter Joseph Chalier, chef des Jacobins lyonnais, qui est guillotiné le 17 juillet 1793.
1793 Après le siège de Lyon mené par les Jacobins parisiens et leur entrée dans la ville en octobre 1793, Jean-Jacques Ampère est arrêté et guillotiné le 23 novembre. Ampère, âgé de 18 ans et alors plongé dans les calculs de la Mécanique analytique de Lagrange, tombe dans un état de prostration pendant plus d'un an. La plus grande partie de la fortune familiale est saisie. A la fin de la tourmente révolutionnaire, la famille ne possède plus que la maison de Poleymieux.
1794 Ampère sort de sa prostration avec les Lettres sur la botanique de J-J. Rousseau et se livre simultanément à l'étude de la classification des plantes et à la lecture assidue des poètes latins, il imagine des instruments scientifiques, apprend le grec et l'italien, travaille à une langue universelle dont il ébauche la grammaire et le dictionnaire, observe les étoiles et se lance dans l'écriture d'une tragédie, L'Américide, où il critique l'action de Christophe Colomb en Amérique. Il entreprend, avec Stanislas Couppier, une correspondance suivie traitant de sujets très variés, en particulier d'astronomie (Correspondance Ampère-Couppier).
10 avril 1796 Rencontre avec une jeune fille du voisinage, Julie Carron. Ampère n'ayant ni situation ni fortune, il lui faut attendre trois ans avant le mariage. Pendant ces trois années, il tient le journal de son amour, intitulé Amorum, et se consacre à la poésie.
dec 1797 Ampère quitte Poleymieux pour donner des leçons particulières de mathématiques, de physique et de chimie à Lyon (Affiche de son cours). Il se lie avec des jeunes gens marqués par le siège de Lyon et qui partagent ses goûts pour les science, la philosophie et la mystique. Ensemble ils lisent le Traité élémentaire de chimie de Lavoisier (1789).
13 mars 1798 Il devient membre de la Société littéraire de Lyon dont il sera secrétaire.
1799 Ampère s'intéresse particulièrement à la chimie et mène des recherches sur l'oxyde de carbone.
06 août 1799 Mariage religieux (clandestin) avec Julie Carron. Le mariage civil est célébré le lendemain, avec Pierre Ballanche, imprimeur et futur écrivain, pour témoin.
1800 Il installe, dans son nouvel appartement de la rue Mercière, un petit laboratoire avec machine pneumatique, machine électrique, cornues, cuve à mercure, etc. où il donne ses leçons de physique et de chimie.
13 juillet 1800 Ampère est admis comme titulaire dans la section Mathématiques pures de la Classe des sciences de l'Académie de Lyon, lors de son rétablissement sous le Consulat. Il assiste régulièrement aux séances.
12 août 1800 Naissance de son fils Jean-Jacques qui deviendra professeur de littérature étrangère au Collège de France. Jean-Jacques fera partie, pendant vingt ans, du cercle des admirateurs de Mme Récamier. Julie tombe gravement malade peu après la naissance.
24 dec 1801 Lors de la réunion, à Lyon, de la Consulte de la République Cisalpine, il lit un mémoire dans lequel il annonce une théorie qui ramène "les propriétés des fluides électriques et magnétiques à celle de la mécanique des fluides élastiques". Ce mémoire ne sera jamais publié. Il commence la publication d'un ouvrage de physique qui ne sera pas achevé et dont il détruit le manuscrit.
19 fevrier 1802 Il est nommé professeur de physique et de chimie à l'Ecole Centrale de Bourg-en-Bresse dans l'Ain.
12 mars 1802 Il prononce son discours d'entrée à l'Ecole Centrale où il annonce ses thèmes de recherches.
19 juillet 1802 Il est admis à la Société d'Emulation et d'Agriculture de l'Ain. Il y lit une première version de ses Considérations sur la théorie mathématique du jeu.
12 janvier 1803 Une version incomplète du mémoire Considérations sur la théorie mathématique du jeu est présentée à l'Institut de France. Le mémoire est publié par son beau-frère Jean-Marie (dit Marsil) Périsse.
02 fevrier 1803 Il soumet à la Société d'Emulation et d'Agriculture de l'Ain, en présence de Jean-Baptiste Delambre, le Mémoire sur l'application des formules générales du calcul des variations aux problèmes de la mécanique. Lecture de poésie à la Société d'Emulation.
04 avril 1803 A la suite d'une inspection de deux membres de l'Institut (Delambre et Villard), Ampère est nommé professeur des classes de mathématiques de 3ème et de 4ème au Lycée de Lyon. Il y donne sa première leçon le 5 juillet (cf. journal de la mort de Julie).
13 juillet 1803 Décès de sa femme Julie. Ampère, très affligé, cherche dès lors à quitter Lyon.
1804 Après la mort de sa femme, Ampère abandonne la recherche scientifique pour se consacrer aux problèmes philosophiques, métaphysiques et religieux. Il commence la rédaction d'un mémoire, resté inachevé, sur l'Analyse des facultés intellectuelles et morales de l'homme dont Barthélemy-Saint-Hilaire publiera des fragments en 1866.
24 fevrier 1804 Il fonde la Société Chrétienne avec ses amis Ballanche et Bredin.
19 octobre 1804 Il est nommé répétiteur d'analyse à l'Ecole Polytechnique, grâce à l'intérêt de Lagrange pour ses travaux et à l'appui de Delambre. Il se lie avec des philosophes connus sous le nom d'"Idéologues", comme Maine de Biran, Cabanis, de Tracy, Degérando et fréquente la Société d'Auteuil. Il entame une importante correspondance avec Maine de Biran, qui se poursuit jusqu'à la mort de celui-ci en 1824.
1806 Il rejoint la Société d'Encouragement pour l'Industrie Nationale et enseigne la "Théorie des probabilités appliquées aux diverses branches des connaissances humaines" à l'Athénée de Paris jusqu'en 1807.
23 mars 1806 Ampère devient membre et secrétaire du Bureau Consultatif des Arts et Manufactures.
01 août 1806 Il épouse Jeanne Potot.
07 fevrier 1807 Il devient membre de la Société Philomatique.
juin 1807 Il se sépare d'avec sa femme peu avant la naissance, le 6 juillet, de sa fille Albine.
29 octobre 1807 Il est nommé professeur suppléant de mécanique et d'analyse à l'Ecole Polytechnique.
11 juillet 1808 La séparation du couple est officiellement prononcée, après un arrangement amiable. Ampère obtient la garde de sa fille.
21 septembre 1808 Il est nommé Inspecteur Général de l'Université. Il occupera cette fonction jusqu'à la fin de sa vie sauf durant deux courtes périodes : les Cents Jours (20 février ? 15 août 1815) et du 22 septembre 1824 au 7 mai 1828. Première initiative en chimie, concluant à la nature simple du sodium et du potassium découverts en 1806 par Humphrey Davy.
1809 Ses travaux de chimie le conduisent à jouer un rôle actif dans la découverte du chlore, du phtore (le fluor) et de l'iode.
07 août 1809 Ampère, ayant présenté deux mémoires proposés à l'impression, est inscrit sur la liste des personnes jouissant du droit d'assister aux séances de l'Académie des sciences. Ces deux mémoires sont : d'une part le Mémoire sur l'application des formules générales du calcul des variations aux problèmes de la mécanique daté du 16 mai 1803, et d'autre part la Démonstration du principe des vitesses virtuelles, dégagée de toute considération des infiniment petits datée du 11 février 1805.
1813 Essai de réconciliation avec sa femme. Ampère, s'isolant à Nogent, traverse une période de crise sentimentale et métaphysique.
1813 Ampère rencontre H. Davy venu en France.
1814 Ampère participe à la création d'une Académie psychologique dans laquelle les membres débattent de psychologie et d'éthique. Elle rassemble Royer-Collard, Degérando, Maine de Biran, Georges et Frédéric Cuvier. La société ne dura que quelques mois.
28 janvier 1814 Le mémoire Démonstration de la relation découverte par Mariotte entre les volumes des gaz et les pressions qu'ils supportent à une même température est lu à l'Institut. Il publie son Mémoire sur l'intégration des équations aux différences partielles.
26 novembre 1814 Il reçoit la Légion d'Honneur.
28 novembre 1814 Ampère est élu à l'Académie des Sciences, dans la section de géométrie.
1816 Il publie son Essai d'une classification naturelle pour les corps simples.
1816 Ampère enseigne la logique à l'Ecole Normale.
18 mai 1818 Ampère achète une maison au 19, rue des Fossés-Saint-Victor à Paris. Il vend celle de Poleymieux.
1819 Il enseigne la philosophie à la Faculté des lettres de Paris.
28 août 1820 Ampère lit à l'Académie des sciences un "Mémoire sur la détermination de la surface courbe des ondes lumineuses [?]".
septembre 1820 Les 4 et 11 septembre 1820, François Arago rapporte à l'Académie des Sciences les découvertes du danois Hans-Christian Oersted. Ampère, aussitôt enthousiasmé, multiplie les expériences.
18 septembre 1820 "M. Ampère lit un mémoire contenant des expériences qui lui sont propres et qui ajoutent de nouveaux faits aux expériences de M. Oersted [?]." [procès-verbaux de l'Académie des sciences]
25 septembre 1820 "M. Ampère lit un mémoire sur les effets produits sur l'aiguille magnétique par la pile voltaïque et qui fait suite au mémoire de la séance précédente ; il annonce un fait nouveau, celui de l'action mutuelle de deux courants électriques sans l'intermède de l'aimant." [procès-verbaux de l'Académie des sciences]
02 octobre 1820 Ampère présente le mémoire sur les effets des courants électriques résumant ses interventions du mois de septembre.
09 octobre 1820 "M. Ampère lit un 3ème mémoire concernant la suite de ses Recherches sur l'aimant, l'électricité et la pile." [procès-verbaux de l'Académie des sciences]
16 octobre 1820 "M. Ampère lit une Note sur l'aimantation de l'acier par le courant électrique." [procès-verbaux de l'Académie des sciences]
30 octobre 1820 "M. Ampère lit un mémoire et fait des expériences nouvelles [?]." [procès-verbaux de l'Académie des sciences]
novembre 1820 "M. Ampère lit une note sur un nouveau fait relatif aux rapports du magnétisme et du galvanisme." [procès-verbaux de l'Académie des sciences]
13 novembre 1820 "M. Ampère lit une note sur l'oxydation de l'un des fils de pile, tandis que l'autre conserve son éclat métallique." [procès-verbaux de l'Académie des sciences]
04 dec 1820 "M. Ampère lit un Mémoire sur la loi mathématique des attractions et répulsions des courants électriques." [procès-verbaux de l'Académie des sciences]
11 dec 1820 "M. Ampère lit une note qui fait suite [?]." [procès-verbaux de l'Académie des sciences]
18 dec 1820 "L'Académie reçoit les ouvrages suivants [?]. Note sur un mémoire lu à l'Académie Royale des sciences, par M. Ampère." [procès-verbaux de l'Académie des sciences]
26 dec 1820 "L'Académie reçoit : Mémoires sur l'action mutuelle de deux courants électriques, sur celle qui existe entre un courant électrique et un aimant ou le globe terrestre et celle de deux aimants l'un sur l'autre, par M. Ampère." "M. Ampère lit un mémoire intitulé : Exposition du moyen par lequel il est facile de s'assurer directement, et par des expériences précises, de l'exactitude des lois de la loi des attractions et répulsions des courants électriques, communiqué à l'Académie dans sa séance du 6 novembre 1820." [procès-verbaux de l'Académie des sciences]
1821 Ampère poursuit ses travaux sur l'électrodynamique : il présente 6 mémoires à l'Académie des sciences. Il publie : Expériences relatives aux nouveaux phénomènes électrodynamiques obtenus au mois de décembre 1821. Il met également au point un mémoire sur les axes de rotation principaux d'un corps solide.
1822 Ampère présente à l'Académie des sciences 7 mémoires sur l'électrodynamique.
1822 Il publie un Recueil d'observations électrodynamiques, contenant divers mémoires, notices, extraits de lettres ou d'ouvrages périodiques sur les sciences, relatifs à l'action mutuelle de deux courants électriques, à celle qui existe entre un courant électrique et un aimant ou le globe terrestre, et à celle de deux aimants l'un sur l'autre. [en mode image sur Gallica]
1823 Il publie : Exposé méthodique des phénomènes électro-dynamiques et des lois de ces phénomènes. [en mode image sur Gallica]
1824 Ampère publie un Précis de la théorie des phénomènes électrodynamiques pour servir de supplément au Recueil d'observations électro-dynamiques et au Manuel d'électricité dynamique de M. de Montferrand.
1824 Il publie également un mémoire de sciences naturelles : Sur la détermination du système solide et du système nerveux des animaux articulés.
1824 Ampère décrit un appareil électrodynamique de son invention. [en mode image sur Gallica]
20 août 1824 Ampère est nommé Professeur de physique expérimentale au Collège de France. Le ministre l'oblige à abandonner l'Inspection Générale, ce qui le laisse dans une situation financière difficile.
28 octobre 1826 Ampère présente un Mémoire sur l'action mutuelle d'un conducteur votaïque et d'un aimant. [en mode image sur Gallica]
1827 Il publie son Mémoire sur la théorie mathématique des phénomènes électrodynamiques uniquement déduite de l'expérience.
07 mai 1828 Il obtient d'être réintégré à l'Inspection générale des universités.
12 mai 1828 Il démissionne de son poste de professeur d'analyse et de mécanique de l'Ecole Polytechnique, et ne conserve que deux fonctions : celle de professeur au Collège de France et celle d'Inspecteur Général des universités.
01 septembre 1828 Ampère lit devant l'Académie des sciences un mémoire intitulé Démonstration d'un théorème dû à M. Fresnel [?] pour déterminer la vitesse de la lumière suivant les rayons vecteurs de la surface de l'onde.
1829 Ampère est atteint d'une pneumonie au cours d'une tournée d'inspection générale. Il doit suivre une cure à Hyères jusqu'en mai 1830.
1832 Ses cours du Collège de France sur la Classification des sciences sont publiés dans diverses publications à grand tirage : La Revue des deux Mondes, Le Globe, Le Temps.
1834 Il publie un Essai sur la philosophie des sciences. La seconde partie sera publiée par son fils à titre posthume en 1843. [ en mode image sur Gallica]
1834 Il publie avec le médecin Martin de Saint-Ange une Note sur un moyen de guérison employé avec succès dans les cas les plus graves de choléra morbus et pendant la période algide dans la Gazette de santé.
1835 Les Comptes-rendus de l'Académie des sciences annoncent : "M. Ampère pose sur le bureau une figure géométrique dans laquelle la construction très simple qu'il a trouvée pour diviser la circonférence de cercle en 17 parties égales est représentée."
10 juin 1836 Ampère meurt à Marseille, lors d'un voyage d'inspection.

Chronologie réalisée par Marie-Hélène Wronecki sous la direction de Christine Blondel, mise à jour en avril 2008.

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