[…] Hier jeudi, nous fûmes dîner, avec maman, Élise, chez Mme de Calas, qui aurait voulu te voir avant ton départ. Elle me fait toujours mille amitiés et t'aime bien. Nous revînmes ensuite chez mes cousins. On vit la lanterne magique. Je tenais mon petit sur mes genoux et je jouissais de tous ses mouvements. Mais, lorsqu'il vit Gargantua, il me disait tout bas : « Papa, papa. » Cela me fit rire parce que cette figure avait un chapeau énorme, et c'est à tous les chapeaux qu'il dit « papa ». Je dansai une contredanse, je valsai avec Francisque et cela m'amusa bien. Mais, quand je pense que, la seule fois où je me suis un peu amusée, c'est depuis que mon pauvre mari n'y est pas, lui qui est si content de voir rire sa Julie, qui aurait été satisfait de la voir danser, cela me serre le coeur et je sens encore plus que, pour être bien tous deux, il faut être ensemble. Tu penses comme moi, mon bon ami et cependant tu sais qu'il est impossible que j'aille te rejoindre avant d'avoir fait tant de choses qu'il faut terminer [...] Le petit a deux dents de plus, cela fait douze.


