@. Ampère et l'histoire de l'électricité 

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Correspondance d'Ampère, Lettre L129

Présentation de la Correspondance

Carron-Ampère, Julie (1ère femme d'Ampère)    à    Ampère, André-Marie (1) | 21 mai 1802



Vendredi [21 mai 1802]

[...] M. Gambier est venu me montrer aujourd'hui et la lettre que tu lui as écrite et un thermomètre en morceaux tel que la dame à laquelle tu l'avais confié le lui a remis [...] Cet accident arrivé à ton thermomètre me fait encore plus penser que la physique est une sotte chose [...] Je viens dans ce moment de faire boire un garnisaire qui est venu pour nos impositions ; mais ce que je ne savais pas, c'est qu'il fallût envoyer ce papier de M. Martin à la maman et je l'ai gardé. Elle a payé et c'est vraisemblablement 12 L. de perdus [...] Tu voudrais donc bien avoir le petit auprès de toi ! Je te plains, mon pauvre ami, de n'avoir ni ta femme, ni ton petit auprès de toi pour te donner de tendres baisers et pour en recevoir [...] Je ne sais comment je t'ai parlé de me séparer de mon petit. C'était en me comparant à toi qui es bien loin, ou en pensant à ce que disent mille personnes qui n'ont pas le sens commun et qui imaginent que, si ce petit était à la campagne, je serais bien moins fatiguée et ils ne sentent pas que c'est à lui que je dois les moments les plus doux. J'ai maman, tu sais si je l'aime ; mais l'amitié n'empêche pas de réfléchir ; au contraire, c'est en se faisant part de toutes ses pensées que souvent l'on s'afflige ensemble [...] Mais les jeux d'un enfant, ses petites grâces, son petit langage, tout cela enveloppe le passé, l'avenir et le présent même d'un voile couleur de rose qui vous éblouit aussi longtemps que sa gentillesse dure. Mais aussi, lorsqu'ils sont malades, toutes les idées les plus noires vous assiègent. J'ai su par Pignot que M. Vitet, de qui j'apprécie le savoir (2), n'est pas porté pour la vaccine. Sans en dire du mal, il dit qu'on ne pourra juger de son bon effet que dans 20 ans. Il préfère l'inoculation ; moi aussi, mais plus tard...
[...] J'ai reçu par Pochon ton gros paquet. Tous les journaux y sont... Je ne sais rien de M. Roux. Tu penses bien que, sitôt que je saurai quelque chose, je te l'écrirai. Ne te livres-tu point trop à M. Clerc ? Tu le connais depuis si peu de temps ! Pourquoi lui as-tu montré ton ouvrage. S'il te le prenait ! M. Gambier est à la campagne ; je tâcherai d'avoir les adresses que tu demandes par d'autres voies. Je viens de donner, pour les impositions de l'an IX : 40 L., 8 s. et, au garnisant, 1 L., 5 S. : tout cela d'après l'avis de M. Rosset qui m'a dit qu'il fallait aussi aller donner un acompte pour l'an X de peur de garnison. Mais l'an X est fixé à 29. L'argent fond ; c'est pourquoi je serais bien aise de louer notre appartement [...]


(1) Réponse à Ampère p.148-150 et 151. Mme Cheuvreux a publié un long fragment, p. 205, et
trois lignes, p. 209.
(2) C'est M. Vitet qu'elle avait consulté dans l'été 1801.
  Source de l'édition électronique de la lettre :
DE LAUNAY (Louis). Correspondance du Grand Ampère. tome I. Paris : Gauthier-Villars, 1936. p. 154-155


  Autre source de la lettre : original manuscrit
Paris, Archives de l'Académie des sciences, fonds Ampère, carton XXIV, chemise 332
 Les pages du manuscrit sont dispersées dans la chemise.
Voir le fac-similé de l'imprimé :
  
Voir le fac-similé du manuscrit :
folio 1  folio 2  folio 3  folio 4  folio 5  folio 6 
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